FÉMINISME & MILITANTISME

Comment j’ai découvert le féminisme et son impact dans ma vie.

“Les dernières décennies du XXe siècle furent décisives quant à l’acceptation de l’idée d’égalité des sexes. Dans la législation, le principe est acquis et, dans la pratique, son adoption par l’opinion éclairée a rendu visible une dissymétrie longtemps inscrite dans la « nature des choses ». Admis par les institutions, le féminisme a même fait l’objet de travaux universitaires et ses adeptes ont enfin réussi à faire entendre leur voix dans le domaine de la représentation politique. Cependant, nombre de problèmes demeurent. L’égalité est loin d’être une réalité dans tous les lieux de pouvoir, et un long chemin reste à parcourir pour le partage des tâches domestiques : selon une enquête de l’INSEE, en l’an 2000, les femmes assurent encore 70 % de cette activité.
Sans doute la rupture la plus significative est-elle intervenue dans les années 1970, quand différents interdits relatifs au corps des femmes ont été levés. Le mouvement féministe, alors en plein développement, a libéré la sexualité comme il a déculpabilisé l’avortement. Autonomes, les individu(e)s sont devenu(e)s sujets de leur propre personne, ce qui jusqu’alors était impensable.”

Michèle Riot-Sarcey dans Histoire du féminisme.

J’ai découvert le féminisme quand j’avais 16 ans, assez tôt je pense. C’est surtout grâce à Twitter que j’ai connu le féminisme, grâce aux discussions des personnes que je suivais. Twitter m’a poussée à m’intéresser aux dynamiques sexistes et misogynes dans nos sociétés. Les choses qui auparavant ne m’indignaient pas, ont commencé à faire travailler mon esprit. C’est aussi grâce à Twitter que j’ai connu les termes slut shaming, misogynie intériorisée, culture du viol, etc. Toutefois, j’ai dû faire des recherches et me documenter afin de mieux comprendre tout l’enjeu derrière ces termes. Twitter a planté une graine dans mon esprit, c’était à moi de l’arroser et de la faire grandir.

Google a été mon meilleur ami, Wikipédia aussi. Quand on veut s’informer sur un sujet, la meilleure façon d’y arriver, c’est en apprenant auprès de personnes ayant déjà étudié et traité ce sujet là. Aussi, j’ai lu des articles, des livres, j’ai regardé des vidéos… On ne finit jamais d’apprendre, aujourd’hui encore je continue d’apprendre. Si cela vous intéresse, je vous recommanderai des livres et podcasts qui m’ont beaucoup aidée (@totallylau).

“Le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Le féminisme a donc pour objectif d’abolir, dans ces différents domaines, les inégalités homme-femme dont les femmes sont les principales victimes, et ainsi de promouvoir les droits des femmes dans la société civile et dans la vie privée.”
Cette définition de Wikipédia est assez claire. Le féminisme, c’est la lutte contre les inégalités et les discriminations que subissent les femmes ; c’est aussi la promotion des droits dans la société. Mais pour comprendre réellement le féminisme, il faut connaître son histoire, son évolution et ses figures de proue. Il faut aussi distinguer le féminisme en Europe, le féminisme en Afrique, le féminisme en Asie etc. Ceux-ci ont émergé de diverses manières et se développent aujourd’hui de façon très différente. Cet article wiki est très intéressant.

Les premières luttes féministes se résumaient à une réforme des institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi: droit à l’éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette période. Aujourd’hui, certains droits sont acquis, d’autres demandent encore mobilisation. C’est le cas du droit à l’avortement, par exemple. J’ai écrit un article sur ce sujet d’ailleurs.

Les luttes féministes sont, de nos jours, beaucoup plus axées sur les dynamiques sexistes et machistes qui perdurent dans nos sociétés. C’est l’accent mis entre autres sur les féminicides, sur le harcèlement de rue, sur les violences physiques et psychologiques. Certains droits sont acquis mais seulement en théorie, la réalité a un visage bien plus sombre.

Le féminisme m’a poussée au questionnement. Plus j’avançais dans celui-ci, plus je constatais que les exigences que j’avais vis à vis de moi-même étaient dictées par une société sous le joug masculin.
Autrement dit, suivant l’éducation qu’on reçoit et l’environnement dans lequel on grandit, notre conception de ce que doit être une femme diffère.
Une femme doit savoir cuisiner et faire le ménage, une femme doit se marier et faire des enfants, une femme doit savoir s’occuper convenablement de son époux…
Heureusement, cette dichotomie est de moins en moins fréquente. Les femmes prennent la parole, à coup de livres, d’articles, de vidéos. Le militantisme est présent partout et se fraye un chemin dans les esprits, essayant de changer les mentalités. Car c’est là que tout commence.

Comment le féminisme m’a-t-il aidée ?

Cela a d’abord été possible par une déconstruction pure et dure de tout ce que j’avais appris auparavant, de toutes ces choses que je devais ou ne devais pas faire en raison de mon genre. Cette déconstruction a été longue et difficile mais cela m’a permis de repartir sur des bases plus solides et plus en accord avec la personne que je suis.
Aujourd’hui, ma colère et mon indignation alimentent mon féminisme.
Comme le dit Anne-Charlotte Husson citée dans cet excellent article Ni hystériques, ni misandres : simplement en colère : « cette colère ne vise pas à ce qu’on lui réponde, elle vise surtout à être entendue […] Sans colère, pas de féminisme, pas de transformation sociale. D’ailleurs, les grands mouvements militants partent d’une colère personnelle dont on finit par comprendre qu’elle est politique. »

Mon féminisme m’a aidée dans tous les aspects de ma vie ! J’ai appris à me réconcilier avec moi-même, avec mon corps. J’ai appris à me comprendre, à m’écouter, à me regarder avec MES yeux et pas ceux de la société.
J’ai appris qu’en tant que femme, JE NE SUIS PAS LE SEXE FAIBLE. Je ne suis pas un objet, je ne suis pas un être inférieur. Je ne suis pas incomplète, je n’ai pas besoin d’un homme pour atteindre mes objectifs et pour véhiculer un message.

Mon féminisme, plus que tout, m’a permis de comprendre que toutes les femmes sont différentes, s’affirment et se définissent différemment.
J’ai compris que le féminisme, c’est laisser le choix aux femmes. Car chaque femme a son féminisme, ce n’est pas parce que ton féminisme diffère du mien qu’il est faux ou que tu dessers notre cause.
Mon féminisme à moi, c’est d’être libre de mes choix, de ce que je décide de porter, des relations que j’ai. C’est un féminisme axé avant tout sur la libération de la femme noire, de sa sexualité, de sa culture bien trop souvent fétichisée. C’est une libération de la femme noire ET queer (qui fait partie de la communauté LGBTQ+), qui peine à s’affirmer dans un espace essentiellement masculin, misogyne et hétéronormé.
Mon féminisme, c’est l’acceptation des corps dans leurs diversités, leurs particularités. C’est comprendre l’intersectionnalité, comprendre que dans nos luttes communes, nos discriminations sont différentes et plurielles.

Mon féminisme, enfin, c’est de me rappeler que moi aussi j’ai tenu des propos misogynes et sexistes. Il n’y a pas si longtemps, je tenais encore des propos homophobes, transphobes. J’étais ignorante, peu tolérante. “Féminisme” rimait pour moi avec extrémisme et agressivité.
C’est pourquoi aujourd’hui, je suis dans la communication et dans l’éducation. Que les erreurs que j’ai commises ne portent pas préjudice à mes sœurs, mes ami.es. Tout ce que je sais aujourd’hui, j’essaie de le partager et de l’inculquer à celleux autour de moi. Le changement peut commencer par toi.

Je me pencherai sur le patriarcat et sa définition dans un prochain article. En attendant, je vous conseille de lire ces articles: une liste de cent livres féministes ; le voile n’est pas incompatible avec le féminisme ; l’intersectionnalité en France.

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