CHRONIQUES

Une histoire à Athènes – Part 1

En sortant de chez moi ce jour-là, j’ai le cœur plein. Je suis très excitée à l’idée de partir en vacances, de découvrir une nouvelle culture, de manger autre chose, de voir autre chose, d’être dépaysée… J’ai hâte de me retrouver en ma présence, de prendre soin de moi, de travailler sur moi-même. 3 semaines de pur bonheur, de découvertes, d’évolution.

Arrivée à l’aéroport d’Athènes. J’ai un peu de mal à trouver la sortie, il y a énormément de monde. Aussi, avec la chance que j’ai, les métros et les bus sont tous en grève. Il faut donc trouver un moyen de rejoindre mon logement, en plein centre ville.

Après 2h d’un très long trajet, ayant les jambes en coton et le dos fatigué, j’arrive enfin à mon appartement. Je m’y sens tout de suite comme à la maison. Il y a une odeur douce de framboise, sûrement a cause de la bougie que je viens d’allumer. Étant là pour une semaine, je défais ma valise et range mes affaires un peu partout. Je prends une douche et je me mets au lit. Athènes est particulière. Elle est riche d’histoire, de culture. Les grecs sont beaux et bruyants. Ils sont hospitaliers. Mais on sent que le pays traverse une crise horrible. La ville est noire de saleté, les routes sont embouteillées et les murs, oh les murs… Je croyais que le street art était sensé embellir et pas enlaidir ? Passons donc.

Mais l’extrême saveur d’un souvlaki me réchauffe le coeur. Très abordable et goûteuse, la gastronomie grecque n’est pas faite pour ceux qui surveillent leur ligne. Moi, je me régale. Entre pain pita, gyros, kebab et pâtisseries, je suis sur un nuage.

Après un déjeuner copieux, je descends à pieds vers la place Syntagma, où se trouve le Parlement. A quelques minutes de marches, se trouve le Jardin National d’Athènes, qui est aussi un parc animalier. Je m’y perds une bonne heure, à admirer les cygnes et les oiseaux, à profiter du calme incroyable et de l’air pur.

Je hèle un taxi, comme une vraie athénienne, direction l’Acropole. Cet énorme vestige archéologique respire l’histoire. Entre le Parthénon et le Temple d’Athéna Niké, j’en apprends un peu plus sur cette déesse guerrière. Il fait beau, un peu trop. Je m’en plains quand tout à coup j’entends le tonnerre gronder. En levant la tête, je vois que le ciel s’est changé en gris et qu’une pluie mémorable s’apprête à tomber.

En me précipitant vers la sortie de l’Acropole, je croise Serge.

Serge, c’est un jeune homme de 28 ans qui vends des bracelets artisanaux à prix libre. Je lui propose d’en prendre deux pour 5€. Il sourit et me demande d’où je viens.

“De France. Mais je suis originaire de la Côte d’Ivoire”, lui dis-je en souriant.

Son regard s’illumine aussitôt, il s’écrie “et moi je suis camerounais !”

On passe immédiatement de l’anglais au français, dans un éclat de rire. Ses yeux bruns rayonnent et son sourire est à tomber.

Il me dit qu’il est musicien, il me parle de sa chaîne YouTube et m’invite à écouter une de ses chansons. Je lui dit que je le ferai en rentrant et je m’empresse de partir, car je ne veux surtout pas être trempée. A peine montée dans mon taxi, les cordes commencent à pleuvoir. J’oublie très vite ce beau jeune homme croisé au pied de l’Acropole. Mon esprit s’éloigne vers autre chose, ce n’est qu’une fois rentrée que je me souviens de sa musique. J’ouvre l’application de YouTube et je lance un de ses sons. Je reste fascinée devant le visuel du clip, qui montre Athènes sous d’autres couleurs. J’aime beaucoup sa voix. Je me perds quelques instants dans sa musique avant que mon estomac ne me rappelle à l’ordre.

Le lendemain, je pars très tôt pour visiter. Après 35 minutes de marche (oui, j’étais motivée), j’arrive sur le site de l’Agora Antique. Le paradoxe est encore plus flagrant: les sites archéologiques sont faits pour les touristes, ils sont propres et bien entretenus. La ville, quant à elle, est laissée dans sa misère.

J’y passe une bonne heure avant de m’arrêter au Palmie Bistro pour un bon déjeuner. Je finis à pieds à la Bibliothèque d’Hadrien, qui me conduis enfin sur la Place Monastiraki, très animée. Je décide de faire un peu de shopping, en flânant dans les rues alentours. J’achète de l’huile d’olive et de la liqueur grecque, le Mastic, un pur délice ! Je rejoins en fin de soirée mes appartements, épuisée mais très satisfaite de cette journée.

Je décide de passer ma troisième journée à Athènes au musée de l’Acropole. Le bâtiment est beau mais plutôt imposant. Très bien organisé, je navigue aisément entre les différentes périodes de l’histoire grecque et les découvertes issues des fouilles. J’en apprends un peu plus sur Athena, que j’admire de plus en plus.

Éreintée, je décide de rejoindre Monastiraki à pieds. Après quelques minutes de marche, je recroise Serge. Vous vous souvenez ? Le beau musicien que j’ai rencontré à l’Acropole.

Je lui dit que j’ai écouté sa musique et que j’ai beaucoup apprécié. Il semble plutôt fier. Il décide de se transformer en guide touristique et de me tenir compagnie pour la suite de la balade, abandonnant donc ce qu’il s’apprêtait à faire. Je suis déjà sous son charme… et je ne m’en cache pas.

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