RELATIONS

Pourquoi l’émancipation financière féminine profite plus aux hommes qu’aux femmes ?

Ce sera un peu long. Je vous conseille donc de vous asseoir confortablement, de vous servir une bonne tasse de thé ou plutôt un verre de vin, comme moi.

Allons-y !


Nous sommes en 2020. Ce qui signifie donc que nous sommes familiers de notions telles que le féminisme, l’afroféminisme, le patriarcat, la misogynie, la misogynoir… si vous ne connaissez pas ces notions, ouvrez Google tout de suite et éduquez vous.

Je suis féministe. Je suis une femme qui se bat pour que les autres femmes aient le choix de mener leur vie comme elles le souhaitent. Cela implique naturellement le couple, la sexualité, le travail, les enfants… Le choix des femmes à disposer de leurs corps comme elles l’entendent, à se marier ou non, à avoir des enfants ou non, etc.

Plus encore, je suis afroféministe. Je suis une femme noire qui se bat inlassablement pour les femmes noires, pour la libération de notre parole, de nos corps, de nos vies. Autant que je puisse aimer mon continent, ce dernier n’est pas le plus clément ou encore le plus juste quand il s’agit de reconnaître nos droits ou encore de nous protéger.

Nous vivons dans un monde où nous devons prendre tout avec force. Nous, femmes, plus précisément nous femmes noires, nous devons nous imposer et exiger.
Exiger que nos droits soient reconnus.
Exiger que nos voix soient entendues.
Exiger que nos vies soient respectées et protégées.
Exiger que nos corps soient préservés.

Il s’agit d’un combat perpétuel. Nous n’avons le droit à aucune pause, de aucun répit. Parce qu’il suffirait d’un RIEN pour que toutes ces choses si durement acquises nous soient de nouveau confisquées, arrachées.

Bref. Aujourd’hui, je veux parler de l’émancipation des femmes. Cette émancipation concerne plusieurs domaines, notamment le droit de disposer de nos corps, le droit à l’égalité salariale… mais aussi des droits plus basiques tels que le droit à la vie, le droit à l’éducation, etc.

Se définir en tant que féministe de nos jours, ou d’afroféministe plus précisément, est susceptible de vous attirer les foudres des masculinistes, tous en colère. Ceux-ci s’attelent à remettre en cause chacune de vos paroles ou chacun de vos actes.
Comment osez-vous vous battre pour l’égalité des genres et des sexes ?
Comment osez-vous demander la reconnaissance de vos droits ?
Pourquoi, d’ailleurs ?

Vous êtes une femme. Vous n’êtes qu’une femme. Vous devriez vous limiter à ce qu’on exige de vous, épicétout. Des droits pour quoi faire ? Un travail pour quoi faire ? Une éducation, mais pour quoi faire ?

Votre valeur n’est reconnue que si vous correspondez aux idéaux de beauté masculins (et caucasiens). Seulement si vous êtes une bonne femme, docile et soumise, que vous n’avez aucune exigence, que vous avez des enfants et que vous vous occupez bien de votre famille, de votre mari mais aussi de la famille de votre mari.

Pas trop grosse. Pas trop mince. Pas trop petite. Pas trop grande. Pas trop blanche. Pas trop noire. Pas trop intelligente, mais pas stupide non plus. Pas trop cochonne, mais qui voudra d’une prude ?
Pas de cellulite, pas de vergétures.
Soyez naturelle, mais pas trop. Soyez authentique, mais pas trop.

Très peu de place pour vos choix, vos rêves, vos ambitions. En tant que femme, vous devez satisfaire les attentes de votre famille et éventuellement, de votre conjoint.

Si vous me suivez jusque là, vous avez compris que nous évoluons dans un environnement qui nous est hostile. Dans cet environnement, certaines d’entre nous choisissent de se marier ou de fonder une famille, avec un homme. Celles-ci doivent alors faire face à une nouvelle forme d’oppression, silencieuse et sournoise: l’oppression du couple. L’oppression dans l’oppression.

Comme je le mentionnais en début d’article, je souhaiterai me pencher sur l’émancipation financière de la femme. Mais parlons d’abord d’émancipation tout court.

Mais qu’est ce que l’émancipation ?
Le site La Toupie nous dit que
<… dans le langage courant, émanciper signifie affranchir d’une autorité, d’une domination, d’une tutelle, d’une servitude, d’une aliénation, d’une entrave, d’une contrainte morale ou intellectuelle, d’un préjugé… Exemples : émanciper un esclave, un peuple, une colonie. L’émancipation de la pensée. L’émancipation, qui est l’un des éléments moteur de la transformation de la société, permet donc de se libérer et de devenir indépendant. Elle donne à une catégorie de la population des droits identiques aux autres catégories. Exemple : l’émancipation de la femme. >

Cette narrative est de plus en plus poussée, comme si nous étions aujourd’hui obligées d’être émancipées. Sauf que l’émancipation, même si nous la voulons, nous ne pouvons pas l’avoir en un claquement de doigt. Car l’égalité des chances est une utopie. Les femmes sont toujours moins payées que les hommes, certains domaines sont encore très hostiles aux femmes, nous sommes soumises aux lois biologiques notamment quand il s’agit de faire des enfants, etc.

Le mot “féministe” est devenue une injure. Une façon de rabaisser la femme parce qu’elle ose aspirer à plus, dans cette société, mais aussi dans sa vie et dans son couple.

De nos jours, très peu sont les hommes qui remplissent leur rôle dans la société. Rôle qu’ils ont eux-mêmes créé. En effet, la société patriarcale est une société créée et mise en place par les hommes, pour les hommes.
Au nom de l’émancipation, nous nous retrouvons à prendre en charge plusieurs choses afin de prouver que a) nous sommes de vraies féministes et b) nous sommes vraiment émancipées. Mais à qui cela bénéficie t-il vraiment ?
Aux hommes, encore et toujours.

Mais quelle grosse arnaque ! Les hommes ne peuvent pas nous demander de participer équitablement aux charges quand nous sommes clairement moins payées et moins valorisées qu’eux, quand la charge mentale repose encore entièrement sur nos épaules.
Nous sommes éduquées et conditionnées de sorte à toujours penser aux autres avant nous mêmes. On nous dit que les femmes sont naturellement plus douces, plus adaptées pour s’occuper des enfants, pour prendre soin des autres, etc. C’est peut être vrai, mais nous ne le saurons jamais car ces choses et cette façon de penser nous sont inculquées le plus tôt dans notre éducation. Si la même chose était faite pour les hommes, je suis sûre que nous aurions aujourd’hui une société bien différente.

Certains hommes revendiquent qu’ils sont prêts à aider à la maison, à s’occuper des enfants, à participer aux tâches ménagères, etc. C’est peut être vrai, mais dans la réalité, dans les faits, peu importe à quel point un homme essaie, il possède cette faculté magique que nous femmes n’avons pas: il peut décider, comme ça, de déconnecter son esprit de tout ça et de penser à autre chose ou de ne penser à rien.
Contrairement aux femmes, qui seront toujours en train de se poser des questions telles que:
Qu’est ce que nous allons manger demain ?*
Est ce que le linge est propre ?
Est ce que les affaires des enfants sont prêtes pour demain ?

“Women now support men financially while men don’t support women biologically.”

Soyons réalistes. Supposons que vous décidiez de partager équitablement les tâches avec votre partenaire. Pour lui, ce partage équitable se limite aux finances: 50/50 pour le loyer, les factures, les courses, etc. Par contre, quand il s’agit du ménage, des enfants, de la cuisine, de toutes ces choses qui font partie de la vie courante, ces messieurs oublient l’équité. Ils se déchargent absolument de toute obligation.

Souvenuez-vous de ces temps où l’homme était le pourvoyeur financier ?
Où l’homme devait prendre soin financièrement de sa femme et de ses enfants ?
Où pesait sur ses frêles épaules la charge du loyer, des factures, du frigo plein ?

Ces charges ont été créées par les hommes eux-mêmes, pour les hommes, dans le cadre de la mise en place de la société patriarcale, afin de mieux asseoir leur domination sur les femmes.
Car quiconque tient les rênes des finances tient aussi les rênes de tout le reste. Les femmes étaient affreusement limitées, elles n’avaient pas le choix. Et nous nous battons aujourd’hui pour avoir le choix.

Mais comment y arriver quand la société limite nos moyens physiques et financiers ?

Malheureusement, aujourd’hui, nos chers hommes se détachent de cette charge financière car au nom de l’émancipation des femmes, au nom de notre féminisme, nous devons être en mesure de prendre en charge équitablement toutes les dépenses de la maison et EN PLUS, de faire tout le travail à côté.
Vous vous rendez compte un peu du mensonge, de l’abus, de l’arnaque ?
Les femmes doivent travailler et être indépendantes financièrement mais combien d’hommes apprennent à prendre soin d’une femme, d’une maison ?
Combien sont ceux qui possèdent une quelconque intelligence émotionnelle et qui n’attendent pas d’être éduqués par leur compagne ?

Réveillez vous ! Il est hors de question que vous tombiez dans cette entourloupe.

J’aimerai croire qu’une égalité dans la vie commune et dans les finances est possible, mais ce n’est tout simplement pas le cas en ce moment. Peut-être que ça le sera un jour, je l’espère vraiment. Pour le moment en tout cas, je refuse de travailler doublement au nom d’une quelconque émancipation. Je refuse de me tuer au travail et de me tuer encore plus dans mon couple.

Quand nous aurons obtenu l’égalité salariale, quand nos droits seront assis et acquis de façon pérenne, quand nos chers hommes sauront ce que nous traversons mentalement tous les jours, alors PEUT ÊTRE que nous pourrions diviser équitablement les charges financières.

Ma pensée se résume aussi simplement:

“the money I make is mine, the money he makes is ours.”

Et vraiment, je n’ai rien à rajouter. Parce que la société n’est pas hostile aux hommes, au contraire. Leur insertion dans le monde du travail (dans le monde tout court) est plus facile que la nôtre. Ils n’ont pas à faire face à toutes les choses que nous devons gérer au quotidien. Ils sont plutôt bien lotis !

Alors, à moins que tu sois un homme, prêt à cuisiner, à nettoyer, à t’occuper des enfants autant que je le fais, à partager ma charge mentale et mon combat quotidien en raison de mon genre et de mon sexe, tu ne peux pas me demander de participer de façon égale aux charges financières. C’est tout bonnement indécent.

Comme le disait une féministe avant son temps, LE POINTEUR DOIT PAYER CASH. Meaning, l’homme doit toujours subvenir financièrement aux besoins de sa famille. La société ne lui demande rien de plus, littéralement.

Savan’Alla – Le pointeur doit payer cash – YouTube.

Peace mes gos. Ne vous laissez plus abuser.

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